Histoire des expressions françaises: se cultiver en s'amusant

 
ARRIVER A LA BOURRE

« Arriver à la bourre » : Tout le monde sait que cette expression signifie « arriver en retard ». Mais que vient faire « la bourre » dans la tournure de phrase ?

Autrefois, « être à la bourre » signifiait que l’on était pauvre, dans la misère. Cette expression serait née d’un jeu appelé « bourre ». Celui-ci pouvait se jouer à 2, 3 ou 4. Tous les joueurs misaient la même somme, et le tout était ensuite partagé entre eux en fonction du nombre de plis que chacun avait levé. Lorsque l’un d’eux n’avait fait aucune levée, on disait alors qu’il était « bourru ». Au fil des manches, il était possible de ramasser un bon paquet d’argent, si bien que celui qui « bourrait » était celui qui avait perdu toute sa fortune, qui avait pris du retard dans le nombre de plis amassés. Par extension, « être à la bourre » est entré dans le langage courant pour signifier qu’une personne est en retard.

Bien sûr, il ne faudra surtout pas utiliser ce type d'expression dans vos documents universitaires...

POIREAUTER 107 ANS

« Bon, tu te dépêches, oui ? Je vais pas poireauter 107 ans ! ».

Cette expression signifie bien sûr attendre très longtemps. Mais pourquoi utilise-t-on le nombre 107, et pas 52 ou 406 ?
En fait, il semblerait que la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris ait duré 107 ans. C’est de là que viendrait l’expression.

Quant à poireauter ou « faire le poireau », il faut savoir qu’au milieu du XIXe siècle, l’expression était en réalité « planter son poireau ». Elle provenait sans doute de la locution « rester planté », qui sous-entend l’immobilité et l’inactivité. « Faire le poireau » signifie que l’on reste droit et immobile à attendre longuement.

AVOIR UN NOM A COUCHER DEHORS

Aujourd’hui, cette expression signifie avoir un nom difficile à prononcer ou à retenir.

Son origine est assez surprenante. Elle provient en effet d’une époque où lorsqu’une personne était perdue et devait demander le gîte à des inconnus, il valait mieux pour elle qu’elle ait un nom à résonance « chrétienne » pour que quelqu’un accepte de lui offrir un endroit où passer la nuit. Il en était de même dans les auberges où les personnes dont le nom était le plus bourgeois avaient le plus de chances d’obtenir une chambre. En revanche, les autres devaient dormir dehors. Le sens de l’expression est aujourd’hui différent, même si elle a toujours une valeur assez négative. L’armée napoléonienne serait une autre origine possible. Elle était composée de nombreux soldats recrutés lors des campagnes à l’étranger. Lors des stationnements dans des villes, les habitants étaient tenus d’héberger les officiers titulaires d’un billet de logement. Certains de ces officiers avaient des noms de consonance étrangère, ils pouvaient passer pour des ennemis. On disait qu’ils avaient des « noms à coucher dehors avec un billet de logement ».
 
C'EST LA FIN DES HARICOTS

En période de crise (financière ou autre), on dit parfois que « c’est la fin des haricots », la fin de tout en quelque sorte…

D’où vient cette expression ? Au siècle dernier, on distribuait dans les internats des haricots aux élèves quand on ne savait plus quoi leur donner en guise de nourriture. En effet, le haricot était considéré comme un aliment de base, voire médiocre. Quand il n’y avait même plus de haricots à manger, c’était la fin de tout. C’est de là que provient l’expression, que l’on emploie quand on veut signifier que « c’est la fin du monde », souvent de façon ironique.

ETRE DANS DE BEAUX DRAPS

« Se mettre dans de beaux draps » signifie se retrouver dans une situation compliquée.

Les draps ont longtemps désigné les « habits ». Autrefois, on disait « être dans de beaux draps blancs ». Cette expression décrivait une situation honteuse. En effet, à cette époque, les gens accusés de luxure devaient assister à la messe habillés de blanc, ce qui devait faire ressortir les aspects « noirs » de leur vie.

Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, « mettre un homme en beaux draps blancs » signifiait le critiquer. « Etre dans de beaux draps blancs » voulait donc dire que l’on était sujet aux moqueries, que l’on était dans une mauvaise situation.
Aujourd’hui le qualificatif « blanc » a disparu, mais le sens de l’expression n’a pas changé.

 

Voici l'adresse d'un site qui présente lui aussi l'histoire de certaines expressions françaises: http://www.les-expressions.com/index.html

 

EN RANG D'OIGNON


Se mettre en rang d’oignon signifie se placer sur une seule ligne. Mais l’expression n’a pas toujours eu le même sens.

Au début du XVIIème, elle signifiait « prendre place quelque part où l’on n’est pas invité ». On a longtemps cru qu’il s’agissait d’une allusion à la façon que les paysans avaient d’attacher les oignons ensemble avec de la paille : du plus gros au plus petit. Cep......endant, il ne faut pas lire « rang d’oignons », comme les légumes, mais « rang d’Oignon », comme le maître de cérémonies Artus de la Fontaine Solaro, baron d’Oignon. Il était chargé d’attribuer des places aux députés sous Henri II et se fit connaître grâce à la sévérité avec laquelle il faisait se serrer les rangs et les respecter.

C'EST COMME PISSER DANS UN VIOLON


Voilà une expression très imagée… Pourquoi avoir choisi d’associer l’action de « pisser » au terme de « violon » pour dire que « ça ne sert à rien » ? Vaste question !
Il semblerait qu’on ait dit autrefois « souffler » ou « siffler dans un violon » pour signifier que quelque chose était inefficace ou inutile.
En effet, le violon étant un instrument à cordes, il n’en sortira jamais aucun son si l’on souffle ou siffle dedans. Il semblerait qu’on ait ensuite utilisé le verbe « pisser » pour donner un effet comique à la locution, son sens restant le même.

 

DONNER SA LANGUE AU CHAT



Donner sa langue au chat signifie abandonner une réflexion, reconnaître son ignorance en arrêtant de chercher la solution à une question.
Autrefois on disait « jeter sa langue au chien ». Cette expression avait un sens dévalorisant car à l’époque on ne « jetait aux chiens » que les restes de nourriture. « Jeter sa langue aux chiens » signifiait alors ne plus avoir envie de chercher la réponse à une question. Petit à petit, l’expression s’est transformée pour devenir « donner sa langue au chat », au XIXe siècle. En effet, à cette époque, le chat était considéré comme un gardien des secrets. Sa parole aurait donc une valeur considérable, et il pourrait s’agir, en « donnant sa langue au chat », de lui prêter la parole pour qu’il nous donne la réponse à une devinette.
 

 

SE FAIRE APPELER ARTHUR



« Il est plus de minuit, et il n’est toujours pas rentré ! Je peux te dire qu’il va se faire appeler Arthur dès qu’il passera le pas de la porte ! ».

Cette expression, synonyme de « se voir faire des remontrances », « se faire disputer », proviendrait de la Seconde Guerre Mondiale. Elle ferait référence à l’Occupation de la France pendant laquelle le couvre-feu avait été fixé à 20H. Le nom « Arthur » serait une déformation de l’allemand « acht uhr » (vingt heures) que les patrouilles ennemies criaient aux retardataires éventuels.




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